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Articles // Portrait d'artiste

Pierre Labrèche, facteur de contes

// Ariane Ouellet - 29 janv. 2014

Numéro : Février 2014

 

Pierre Labrèche
photo : Christian Leduc Photographe

 

Il est discrètement partout. Depuis 30 ans, il parcourt les rues, fait du porte-à-porte et recense avec tendresse les petits bouts d’histoires de monsieur Chose et de madame Unetelle pour les transformer à sa guise en moments poétiques. De facteur à conteur, pour lui, il n’y a qu’un pas. Car c’est dans cette géographie humaine qu’il puise matière à conter. Il plaît à se présenter comme un géographe du quotidien et sociologue du jour le jour, ou l’inverse.

 

Pour sa petite histoire à lui, Pierre Labrèche, dit Pierro, est né en France de parents abitibiens et voyageurs qui lui ont transmis leur amour de la vie. Il a grandi à Amos, fait des études en géographie à Montréal, poursuivant son chemin pendant quelques années à Vancouver pour revenir ensuite en Abitibi, et finalement y bâtir maison. Au bout de sa route, c’est à La Motte qu’il choisit de mettre pied à terre.

 

Mais Pierre Labrèche est loin d’être un facteur ordinaire. Il dessine depuis toujours, il chante par-ci, raconte par-là. C’est au Show de La Motte qu’il s’initie à la scène, en présentant pour la première fois au public ce qu’il appelle ses chansons « géopoétiques ». En quelle année? On ne s’en souvient plus. Assez longtemps pour s’être attaché à la chose, au monde autour et au lieu. Il ne se doutait pas à l’époque que ce village allait devenir le sien.

 

Entretemps, il chante dans une chorale et participe à l’organisation des spectacles. Il s’investit aussi dans les folles Nuits de la poésie à Rouyn-Noranda en compagnie d’autres amoureux des mots comme lui. « Je m’implique par désir de faire partie de mon milieu. Mon père est un Abitibien qui a toujours dit que si on veut qu’il se passe quelque chose ici, il faut le faire. Alors c’est ce que je fais. Aujourd’hui, on a une offre culturelle immense et on peut être seulement spectateur, mais autrefois, si on voulait voir des spectacles ici, les gens devaient s’impliquer bénévolement à gauche et à droite pour le faire. C’est dans cet esprit-là que je continue. »

 

Sa passion pour la géographie sociale l’a amené à se poser des questions sur l’endroit d’où il vient, l’endroit où il vit, puis à écrire des textes et à les mettre en musique, tout simplement, à la façon d’un artisan. La création a eu le dessus, nourrie par un métier qui permettait la rencontre. « Le conte est une façon de conjuguer toutes les choses que je faisais : de la pseudo musique, pseudo poésie. Et, en mettant tout ça ensemble, ça m’apparaissait comme une bonne façon de les faire circuler. » Avec son acolyte Claude Boutet, il fonde d’ailleurs l’organisme Contes Confits. « On a plein de projets qui s’en viennent. L’idée est de faire circuler la parole contée, de la partager, de la faire vivre. »

 

Le conte lui est apparu, comme pour bien d’autres au Québec, au tournant des années 2000. « Quand le Festival de contes et légendes a commencé ici, il y a une dizaine d’années, ça a ouvert une porte. Des conteurs de partout ont commencé à venir en Abitibi, des gens de très grand talent. À partir de là, je me suis régalé d’entendre et de voir des spectacles. Et à un moment donné, je me suis mis à participer. » Le Festival, c’est l’occasion pour Pierre de faire le plein de rencontres fabuleuses qui le mèneront à son tour à exercer son métier de conteur dans les vieux pays, où les amis se multiplient. Après un spectacle à Sherbrooke au printemps prochain, il retournera présenter ses contes en France cet été.

 

Malgré ses multiples engagements, son village n’est pas en reste. Le centre communautaire, qui a pris vie dans l’église au cœur du village, bénéficie aussi du temps et de l’énergie de l’infatigable organisateur de spectacle que Pierre Labrèche est devenu au fil des saisons. Depuis 2009, il anime avec brio le Show de La Motte. En février, il est à la barre d’un spectacle mettant à l’honneur les chansons de Georges Brassens, avec une bande de joyeux lurons qui ont pris pour l’occasion le nom de Copains d’abord : Lionel Laliberté, Paul Beau, Aurore Turcotte, Ginette Plourde, Michel Lord, Paul et Danaë Ouellet, et d’autres encore.

 

Dans le cadre du centenaire de la ville d’Amos, Pierre apparaît dans une série de capsules vidéo historiques relatant certains hauts faits de la ville depuis ses débuts. Eh oui, le conteur est discrètement partout, semant autour de lui un univers poétique et tendre tout à son image. Comme un gardien tient le phare, Pierre Labrèche tient parole.

 

 

 

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