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Éditorial

Mile après mile, la culture chemine

// Ariane Ouellet - 7 juil. 2014

Numéro : Juillet-août 2014

 

Ariane Ouellet, rédactrice en chef de l'Indice bohémien
photo : Courtoisie

 

 

La parenté s’en vient souper. Vite, je fais le ménage, je mets une belle nappe et des fleurs, j’aère et je mets la maison sur son 36. Mais pourquoi donc ce rituel? C’est peut-être un peu par orgueil, ou par fierté (ça dépend du point de vue), mais c’est aussi une marque de respect pour la visite. On veut leur montrer qu’ils sont importants, que leur présence nous fait plaisir. C’est une façon de les accueillir.

 

Il y a 35 ans, la région n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. La cour derrière notre quartier, composé d’anciennes maisons de mines déménagées, ressemblait à un désert de rocaille, sans arbre ni verdure. On aurait pu se croire dans des ghettos de Bucarest, en moins exotique. Les spectacles se donnaient dans l’agora de la polyvalente. Pas de quoi impressionner un touriste. Depuis, les choses ont évolué. On a embelli, on a construit une salle de spectacle. On s’est sensibilisé à l’environnement, au concept global du milieu de vie dans lequel on évolue. On l’a amélioré, jusqu’à donner aujourd’hui des fleurs et des parcs au cœur de nos petites villes.

Regardez, à Palmarolle, la transformation qu’a subi le village depuis que le comité d’embellissement l’a pris d’assaut. Il est devenu tout fleuri.  Plutôt que de produire des émissions télé insignifiantes sur les chirurgies plastiques de Madame Chose, c’est ça qu’on devrait montrer au monde! Une réussite sur plusieurs plans, dont la fierté et le sentiment d’appartenance. À qui on doit ça? Parfois à des groupes de Fermières, à des comités horticoles bénévoles, à des municipalités visionnaires, qui ont voulu améliorer leur milieu de vie.

 

Depuis l’an 2000, à quelques reprises, les acteurs du milieu culturel de l’Abitibi-Témiscamingue se sont aussi réunis pour réfléchir aux enjeux qui les concernaient, à savoir comment améliorer leur sort de créateurs, de diffuseurs. Parmi tous les enjeux soulevés, il y avait le besoin de reconnaissance des artistes, le manque de couverture médiatique, le besoin de réseautage, la petitesse des marchés de diffusion des œuvres, mais d’abord et surtout un désir intense de soutenir et favoriser la création ici. Ce n’est pas d’hier que la machine s’est mise en branle pour améliorer la situation. On peut dire qu’en 15 ans, la région a fait du chemin sur tous les plans. Assez de chemin pour que l’Abitibi-Témiscamingue devienne une destination de tourisme culturel. Eh oui!

 

C’est pour ça qu’est née la démarche CULTURAT. Pour promouvoir notre vitalité culturelle, pour accueillir chez nous ceux qui sont curieux de nature, de bouffe et de culture.

 

Les municipalités feront leur part, on le souhaite : aménagement d’un amphithéâtre extérieur, marché public avec des artistes et des producteurs, murales, mobilier urbain créatif fait sur mesure par des artistes locaux. On demande aux citoyens de participer en faisant quelque chose à leur façon : fleurir leur jardin, planter des arbres, installer des jolies cabanes à oiseaux, des boîtes aux lettres originales. Les commerçants? Ils pourraient faire peindre des murales sur les murs gris des centres-villes ou encore exposer des tableaux dans leurs espaces. Les restaurateurs pourraient de leur côté faire une place plus importante aux produits de la région et les identifier clairement dans leur menu.

 

Dans un an, la démarche CULTURAT battra son plein. Comme plusieurs, vous vous demandez ce que c’est, c’est pour qui, c’est quoi, c’est quand. CULTURAT, c’est une mobilisation, une démarche de sensibilisation pour rendre l’Abitibi-Témiscamingue plus belle et plus organisée dans son offre de tourisme culturel. Ce n’est pas un festival, même si on veut que ce soit festif. Il n’y a pas de programmation, même si on souhaite qu’elle suscite des spectacles, des expositions, des manifestations artistiques en tout genre. C’est un projet de société, qui met les arts et la culture en avant-plan. On veut que l’Abitibi-Témiscamingue soit reconnue pour sa richesse culturelle, pas seulement pour la chasse, la pêche et la motoneige, ou moins reluisant, pour ses mines à ciel ouvert.

 

Bien sûr, tout ne peut pas devenir touristique. Et on le sait, les artistes font déjà beaucoup (trop) de bénévolat, leur travail est souvent peu reconnu, sinon pas du tout, mal payé, sinon pas du tout, et le but de l’opération n’est pas de faire reposer le fardeau de l’animation culturelle sur leur dos. Au contraire, on souhaite que les citoyens dans leur ensemble aient recours à leur talent, leur créativité afin que ces artistes, producteurs et créateurs soient en mesure de vivre de leur véritable travail, ici en Abitibi-Témiscamingue. C’est donc l’ensemble de la population qui est visée dans la « mobilisation ». Les artistes, eux, vont continuer à faire ce qu’ils font de mieux, c’est à dire créer, inventer, transformer, innover, émouvoir, provoquer, surprendre.

 

CULTURAT, c’est une corvée, dans le sens joyeux et rassembleur du mot, au terme de laquelle la région présentera au monde ce qu’elle a de plus unique. Le résultat de cet effort collectif, ce sera ça, CULTURAT. Et si c’est l’occasion de se mettre beau pour recevoir de la visite, c’est d’abord et avant tout un processus pour vivre mieux chez nous et mettre en valeur ce qui nous différencie de n’importe quelle autre destination dans le monde : notre culture.

 

 

 

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