L’écriture et la lecture habitent le quotidien de Mathilde Mantha depuis son plus jeune âge. C’est toutefois lors de ses études collégiales au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue que sa vocation se confirme.

Julie Gingras, professeure de littérature originaire (comme elle) de Latulipe au Témiscamingue, devient un modèle pour la jeune auteure. Son enseignement allume quelque chose et l’aiguille, notamment en ce qui concerne la littérature régionale. « Je trouve que le territoire est ancré dans la littérature de l’Abitibi-Témiscamingue », commente Mathilde. 

À travers ses réalisations comme journaliste, adjointe à l’édition, libraire, chroniqueuse à la radio et blogueuse, les lettres demeurent le fil d’Ariane du parcours de la jeune femme. Son travail et ses implications visent à éveiller les gens à la littérature, à promouvoir la lecture et à démontrer à quel point les livres peuvent aider à apprendre à vivre. 

La création d’un cercle de lecture féministe

Quand on demande à Mathilde Mantha qui sont ses auteursrégionaux préférés, elle nomme naturellement des femmes : Louise Desjardins, Suzanne Jacob, Jeanne Mance Delisle, Jocelyne Saucier, Sonia Cotten.

C’est donc presque candidement, à l’automne 2017, qu’elle lance l’idée d’un cercle de lecture féministe, comme une bouteille lancée à la mer des réseaux sociaux. La réponse, rapide et multiple, la convainc de pousser plus loin le projet. « J’ai créé le Cercle de lecture féministe Témis sur Facebook, ce qui permet de rassembler toutes les intéressées sur une même plateforme. Il s’agit d’un lieu de partage de lectures et de réflexions. On y retrouve des femmes qui ont à cœur les enjeux féministes, donc cela ouvre le dialogue. Ce n’est pas fermé aux hommes, mais là, la majorité féminine l’emporte! » explique-t-elle. 

En décembre dernier a eu lieu une première rencontre physique du groupe où la poésie féminine et féministe de Nicole Brassard a été explorée. Le prochain rendez-vous devrait se tenir d’ici la fin juin. « Pour les prochaines rencontres, les femmes ont manifesté le désir de lire une même œuvre à l’avance et d’en discuter », précise Mathilde. Le roman de l’auteure innue Naomi Fontaine, Manikanetish, a été retenu. La date sera annoncée sur la page Facebook du Cercle.

Du temps pour écrire

Après une année scolaire où elle travaille à la francisation et donne des ateliers de littérature aux élèves de l’école primaire de Latulipe, la jeune femme souhaite s’offrir une résidence d’artiste. Elle partira pour l’été aux Îles-de-la-Madeleine afin de se consacrer à l’écriture. « Je pourrais écrire toute ma vie tellement il y a des projets littéraires dans ma tête! Ça prend du temps. Il faut une bulle, pouvoir s’immerger complètement. Je veux aller au bout de mes idées », conclut la dynamique auteure.


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