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Articles // Éducation

ÉDUCATION

Une serre écologique éducative à Saint-Mathieu-d'Harricana

// Mariane Ménard - 5 nov. 2019

Numéro : Novembre 2019

 

Laurane Gagnon, agente de développement à Saint-Mathieu-d'Harricana et Marie-Claude Simard, enseignante
photo : Mariane Ménard

 

 À Saint-Mathieu d’Harricana, l’administration municipale et l’école primaire se sont associées dans le cadre de la réalisation d’un projet commun : une serre écologique quatre saisons construite à partir de matériaux récupérés. Citoyens et élèves mettent la main à la pâte pour la construction de la serre qui permettra aux élèves de participer à des classes vertes pour l’apprentissage du jardinage.

 

La serre érigée sur un terrain municipal à proximité de l’école Saint-Mathieu est construite sur une fondation de pneus récupérés. Lauranne Gagnon, agente de développement à la municipalité explique le fonctionnement de cette construction écologique. « C’est plus de 200 pneus qu’il y a dans la fondation. Puis, ils sont remplis de sable vraiment bien tassé et ça fait comme des briques, très solides, empilées. » Elle ajoute que l’utilisation de pneus permet de donner une nouvelle vie à un objet qui n’avait plus d’utilité. « On donne une fonction à un déchet, ajoute-t-elle. Il n’y avait plus rien à faire avec ces pneus-là, mais maintenant, ils vont servir à garder la chaleur du soleil. Ils emmagasinent la chaleur et quand, la nuit, il n’y a plus de soleil, ils vont aider, un peu comme l’eau d’un lac, à garder la chaleur », précise Mme Gagnon. D’autres systèmes de chauffage d’appoint utilisant notamment la géothermie seront ajoutés afin que la serre puisse être mise à profit toute l’année. L’agente de développement souligne que la construction demeurera passive, c’est-à-dire qu’elle pourra fonctionner sans électricité. 

 

 

CITOYENS ET ÉLÈVES EN ACTION

 

La contribution des citoyens, comme celle des élèves, est au cœur de la réalisation du projet. « Pour toutes les étapes du projet, dès qu’on pouvait, on impliquait les citoyens. La fondation de pneus a été le plus gros travail communautaire. On a fait ça sur deux jours. Les gens sont venus avec leur masse, leur pelle. Nous, on avait déjà trié les pneus, puis on a érigé la fondation comme ça », explique Lauranne Gagnon. Les élèves des écoles de Saint-Mathieu (maternelle à 2e année) et de La Motte (3e à 6e année) ont quant à eux pris plaisir à « faire de la bouette » pour le ciment naturel qui recouvre les pneus : la bauge. Ce mélange d’argile, de sable, de paille et d’eau recouvre les pneus afin d’éviter la décomposition de ceux-ci. « Tous les pneus vont être recouverts comme ça. Parce qu’en étant à l’air libre, ils continuent à dégager des polluants, le soleil tape dessus et ça accélère leur dégradation », précise Mme Gagnon. Pour l’agente de développement, cette mise à contribution des jeunes pour la construction fait partie de la dimension éducative du projet. « On voulait rendre l’aspect de la construction éducatif. C’est pour ça qu’on les fait participer. Même [dans l’élaboration] d’un bâtiment écologique, il y avait un enseignement à faire », explique-t-elle.

 

 

UN PROJET ÉDUCATIF MULTIFACETTES

 

Les usages éducatifs du projet sont multiples : non seulement les élèves participent à la construction, ils sont aussi ceux qui mettront la serre à profit. Marie-Claude Simard, enseignante à l’école Saint-Mathieu, explique que la serre s’inscrit dans une approche éducative de la nourriture et du jardinage. « À l’origine, on a fait des bacs de jardinage. Ensuite, il y a eu la forêt nourricière. Ce projet-là s’ajoute en troisième phase », énumère Mme Simard. À cette liste, on peut aussi ajouter d’autres initiatives de l’école, dont la plantation d’arbres fruitiers et de vignes ainsi que la construction d’un refuge pour insectes pollinisateurs.

 

« C’est frustrant [de] jardiner [en contexte] scolaire, ajoute Marie-Claude Simard. Le printemps arrive, on sème, on s’en va, on revient, mais on n’est pas là pendant la belle saison. » La nouvelle installation permettra d’étendre la saison du jardinage sur toute l’année. « [Les élèves] jouent dans la terre, ils aident aux récoltes, ils ramassent les semences, ils récoltent, replantent et voient ça pousser, illustre Mme Simard. On veut qu’ils apprennent que la nourriture, les légumes et les fruits sont des êtres vivants. » Et cette activité pourrait-elle faire germer le goût du jardinage chez certains jeunes? « Peut-être que plus tard, ils vont avoir plus d’intérêt à en faire pour eux, souligne Marie-Claude Simard. C’est ça aussi l’intérêt dans tout ça. »

 

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