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Chroniques // Sports et plein air

L’irrésistible appel de l’amour

// Parc National d'Aiguebelle - 1 oct. 2013

Numéro : Octobre 2013

 

photo : Luc Rousseau, Sépaq

 

Cette rubrique de saison vous est offerte par le parc national d’Aiguebelle

 

Aussi élémentaire que la reproduction, la chasse répond à une commande génétique : celle de la perpétuation de toutes les espèces animales. Quoique devenue un loisir plus qu’une nécessité en raison de la sédentarisation et, par conséquence, de l’industrialisation de sa pitance quotidienne, la chasse demeure néanmoins tapie dans la fibre du plus formidable prédateur du règne animal : l’Homme.

 

Comment comprendre qu’un animal aussi imposant et farouche qu’un orignal devienne, l’espace d’une dizaine de jours, une proie aussi facile à berner par les chasseurs? La cause en est bien simple : la saison des amours du grand cervidé qui répond à l’instinct de survie de son espèce. Et sachez que le rituel amoureux de l’orignal est aussi impressionnant que la bête elle-même!

D’emblée, le panache de l’orignal sert de carte de visite amoureuse auprès de la femelle qui y verra un gage de progéniture vigoureuse. Une fois séduite, les dispositions dociles de la femelle incitera le mâle à creuser un trou dans le sol avec ses sabots, appelé la souille, où il urinera pour ensuite s’y vautrer. La troublante émanation que dégage l’odeur de l’orignal déclenchera l’ovulation de la courtisée.  

 

Les vocalises de la femelle en chaleur entraînent tout un boucan de manifestations viriles chez le mâle, dont le cognement de ses lourds bois sur les arbres, avertissant qu’il a entendu l’appel. La charge de l’orignal répondant à une invitation reste gravée dans la mémoire de qui l’entend, tellement le vacarme est saisissant.

 

Pendant une dizaine de jours, l’orignal sera à la merci du rite de reproduction, le rendant vulnérable devant un prédateur qui imite aussi bien l’appel de la femelle que le claquement sec du panache sur un tronc d’arbre.  La gestation durera entre 7 et 8 mois et un petit verra le jour au printemps, à moins que des jumeaux ne se présentent, ce qui n’est pas rare.

 

Dans le parc national d’Aiguebelle, la chasse à l’orignal est prohibée depuis 1945 du fait de la diminution de la population occasionnée par les développements miniers et agricoles. La paix qui règne à Aiguebelle, découlant du plus grand respect de l’environnement, favorise la libre circulation de notre majestueux cervidé dans ce refuge naturel ouaté. Le parc est donc devenu un territoire d’observation des mœurs de ce grand mammifère, l’un des plus fiers ambassadeurs des forêts de l’Abitibi-Témiscamingue.

 

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