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Chroniques // Région intelligente

Chronique

LA SUBSIDIARITÉ ACTIVE

// Michel Desfossés - 4 juil. 2018

Numéro : Juillet-Août 2018

 

photo : Raw Pixel via unsplash

 

« En v’là un sujet estival… » C’est sans doute ce que vous inspire le titre de la présente chronique. Mais honnêtement, un titre comme « Passe-moi la crème solaire »n’aurait pas fait l’affaire. 

 

Expliquons d’abord le terme. Il y a vraiment un sacré de bout de temps, on ne disait pas subvention, mais plutôt subside. Définition, maintenant : « Qualité, statut de ce qui est subsidiaire. Principe de subsidiarité selon lequel une autorité centrale ne peut effectuer que les tâches qui ne peuvent pas être réalisées à l'échelon inférieur. » (Merci, Mô, de ne me l’avoir trouvé celle-là!)

 

Vous l’aurez compris, il s’agit d’un principe d’administration publique largement utilisé dans nos sociétés lorsque les États, de moins en moins équipés pour accomplir leur mission première, confient certains mandats aux organismes communautaires. Trop souvent, les moyens sont insuffisants et les résultats ne sont pas établis en fonction des besoins des gens à desservir.

 

En 1993, Pierre Calame introduit pour la première fois le concept de subsidiarité active. Gestionnaire de projet, il a travaillé à la mise en place d’infrastructures communautaires au moment où se construisait l’Europe unie. À l’époque, deux conceptions se confrontaient. L’une, dite jacobine, consistait à centraliser en rendant unique la gestion publique de la Nouvelle Europe. L’autre misait sur la subsidiarité. Vous l’aurez compris, son expérience du terrain tendait à démontrer que ni l’une ni l’autre de ces formes de gestion n’arrivait à satisfaire les besoins réels des populations. À force d’observations, il a préconisé, quelques années plus tard, la pratique de projets partagés entre l’État, le communautaire et les autres forces vives et compétentes de la société. 

 

Calame prône d’abord l’obligation de résultat. C’est un concept de gouvernance nouvelle qu’il déploie à l’époque. Elle implique que les citoyens soient amenés à mesurer eux-mêmes les grandes affectations du territoire et les résultats recherchés. Souvent, régulièrement. Pierre Calame condamne l’idée que gouvernement supérieur corresponde à savoir supérieur. En fait, les gouvernements n’ont de supérieur que la superficie des territoires à couvrir, et cela ne les autorise pas à déterminer les stratégies. Cela ne leur confère pas non plus la compétence pourdéterminer les obligations de résultat. Toujours selon l’idéateur du concept et président de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme, « Les obligations de résultat se construisent plutôt à la lumière de l’expérience des compétences en territoire, par une mise en commun des expériences locales ».

 

Un proverbe malien dit : « on ne ramasse pas une pierre avec un seul doigt ».

 

Contenu augmenté - Par Félix B. Desfossés

Rien n’est possible sans l’engagement des gens dans leur communauté. Je ne dis pas qu’il faut se plaindre... « Mais 100 ans sans se plaindre, c’est long! » N’est-ce pas Robert Charlebois?

 

Pour accompagner cette chronique estivale... « Faut que j’me mette du sun tan... Coppertone! »

 

 

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