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Chroniques // Histoire et patrimoine

Histoire et patrimoine

LE RECYCLAGE DE NOS ANCÊTRES

// CHRISTIANE PICHETTE ET KELLY POUDRIER, SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET DE GÉNÉALOGIE DE LA SARRE - 1 avril 2020

Numéro : Avril 2020

 

photo : Aux limites de la mémoire - Oeuvres de femmes

 

Aux débuts de la colonisation, rien ne se perdait. Au printemps, dès que la neige commençait à fondre, tous se mettaient au travail. Les hommes disaient : « Ah! C’est l’ouvrage qui se découvre. » Le réveil printanier réclamait une participation non moins intensive de la part des femmes qui, quant à elles, rangeaient la production artisanale réalisée au cours de l’hiver pour se livrer au grand ménage.

 

Par la suite, elles procédaient au consommage. Cela consistait à rapporter tous les résidus des animaux abattus au début de l’hiver et impropres à la consommation, qui étaient entreposés au froid et hors de la portée d’autres bêtes sauvages. On préparait une solution alcaline avec les cendres et de l’eau que l’on mettait dans un chaudron de fer, puis on la faisait bouillir un certain temps. Après quelques heures d’ébullition, on ajoutait les déchets de cuisine – os, couenne, graisse – qui avaient été mis en réserve dans un bâtiment durant l’hiver. Ainsi, on séparait le gras des déchets. On mettait ensuite le suif dans des contenants. Plus tard, ce gras servirait à fabriquer du savon du pays.

 

À l’été ainsi qu’à l’automne, les femmes procédaient à la mise en conserve des fruits et des légumes. Le travail terminé, elles décousaient de vieux vêtements pour en faire des nouveaux. Avec de vieux paletots, elles confectionnaient de jolis manteaux pour leurs enfants. Avec les morceaux restants, elles fabriquaient des courtepointes chaudes.

 

On se souviendra également que, dans le temps, il n’y avait pas de ramasseur de vidanges, on entassait ce qui ne servait plus dans des granges ou des remises et ce qui était endommagé était réparé ou bien, quelques fois, monté au haut de la terre à un endroit qui servait de dépotoir. Il n’était pas rare d’y retrouver de vieilles bouteilles, des morceaux de fer rouillés, et parfois de vieux chars dans lesquels poussaient des arbustes qui avaient défoncé le plancher. Les moins gênés jetaient tout simplement leurs « cochonneries » dans la rivière.

 

Les temps ont cependant bien changé. Nous avons aujourd’hui des éboueurs qui, chaque semaine, font le ramassage des vidanges. Le recyclage permet à beaucoup de produits d’être récupérés et envoyés à un centre de tri pour une réutilisation future.

 

Sources : Témoin de notre passé : Thérèse Sauvageau, p. 31,33, Archives de la SHPRLS

 

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