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Chroniques // Histoire et patrimoine

HISTOIRE

L’ABITIBI MINIÈRE OU L’ÉMERGENCE DES VILLES CHAMPIGNONS

// GENEVIÈVE ROULEAU LAFRANCE, SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET DE GÉNÉALOGIE DE VAL-D’OR - 27 avril 2021

Numéro : Mai 2021

 

photo : Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or

 

Le territoire abitibien a été peuplé principalement selon deux perspectives, soit la colonisation des terres par l’agriculture et le développement minier. Ce dernier entraîne ce que l’on appelle les villes champignons, comme c’est le cas de Val-d’Or. À partir des années 1910, la découverte progressive de différents filons exploitables et leur mise en production dans les années 1930 favorisent la naissance de villes telles que Rouyn-Noranda, Cadillac, Malartic et Val-d’Or. Celles-ci suivent le tracé de la faille de Cadillac, qui s’étend de Kirkland Lake en Ontario jusqu’à Louvicourt. Elle doit son nom au canton où elle a été observée pour la première fois. Cette structure géologique est riche en minéraux métalliques tels que l’or, le cuivre, le zinc et l’argent, qui font de l’Abitibi un centre minier d’importance au Québec. De nombreuses personnes sont attirées par l’immense potentiel de travail avec l’ouverture de ces mines, et même par l’espoir de devenir riches en trouvant leur propre filon d’or!

 

À Val-d’Or, la promotion immobilière se fait très rapidement et sans respect des normes d’urbanisme, comme ç’a été le cas pour la ville de Bourlamaque, planifiée et construite par et pour une compagnie minière. Après les premiers shacks construits en bois rond, les commerces et autres hôtels sont construits en clins de bois sur la rue principale (3e Avenue) et aux alentours. Ceux-ci ont des architectures plus élaborées. On voit ainsi apparaître l’édifice de style boomtown propre aux villes champignons. Le développement rapide du bâti valdorien est en lien direct avec les découvertes de nouvelles mines qui sont synonymes de travail pour plusieurs.

 

Le type de bâtiment boomtown offre de nombreux avantages, comme la maximisation de l’espace et les coûts de construction relativement faibles. Ayant un commerce au rez-de-chaussée (pour beaucoup de ceux-ci) et des logements à l’étage supérieur, l’investissement est rentabilisé par les divers loyers. Cette bâtisse a l’apparence d’un cube avec un toit plat (avec un léger dénivellement pour l’écoulement de l’eau) et une façade postiche comme on peut en voir dans les westerns hollywoodiens. Cette façade peut avoir différentes formes, dont celles de médaillons, de gradins ou de créneaux et elle cache le toit. Ce modèle d’architecture est en vogue dans la première moitié du XXe siècle au Québec. On peut encore apercevoir ces éléments architecturaux dans les villes minières de l’Abitibi.

 

L’occupation du territoire abitibien « minier » s’est faite au fur et à mesure des découvertes de gisements et de la mise en exploitation des mines. Ainsi, les premiers prospecteurs et mineurs à s’intéresser au potentiel abitibien proviennent du Nord-Est ontarien et finissent par arriver à Val-d’Or dans les années 1930 (en passant par Rouyn et Noranda). Parmi ces travailleurs, on retrouve de nombreux immigrants provenant de l’Europe qui suivent le mouvement du développement minier pour le travail. Plusieurs Canadiens français sont aussi attirés par l’effervescence de ces nouvelles villes minières et viennent tenter l’aventure abitibienne. Malgré l’aspect cosmopolite des villes minières à leurs débuts, la majorité de la population est bien francophone et provient des différentes régions québécoises. La création de villes minières ou villes champignons a été un des moteurs populationnels de la région à ses origines.

 

 

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