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Chroniques // Environnement

Environnement

LE TRÉSOR DES ÎLES DU LAC DUPARQUET

// FABIO GENNARETTI ET AURORE LUCAS, AVEC LA COLLABORATION DE MANON BOCHE, CANDIDATE À LA MAÎTRISE - 6 juil. 2021

Numéro : Juillet/Août 2021

 

photo : Fabio Gennaretti

 

L’Abitibi-Témiscamingue abrite une quantité insoupçonnée de milieux naturels riches. Outre les sites touristiques populaires, des endroits étonnants présentent des caractéristiques écologiques uniques en leur genre.

 

LA RÉSERVE ÉCOLOGIQUE DES VIEUX-ARBRES

 

Une réserve écologique est un territoire protégé voué à la conservation, l’éducation ou la recherche, et qui est habituellement interdit au public. Ce type d’aire protégée permet la sauvegarde de milieux naturels exceptionnels ou essentiels au maintien de la diversité biologique.

 

Couvrant trois îles du lac Duparquet, la réserve écologique des Vieux-Arbres, constituée en 1992, abrite des individus peu communs : une population de thuyas occidentaux (communément appelés cèdres blancs) âgés d’au moins 800 ans. Deux à trois fois plus petits qu’à l’habitude, ces arbres plusieurs fois centenaires prennent des allures rabougries avec plusieurs sections mortes et quelques branches vivantes.

 

Véritables vestiges du passé, les cernes de croissance de ces arbres peuvent nous renseigner sur l’évolution des conditions climatiques, notamment les épisodes de sécheresse, et sur les adaptations de ces spécimens au fil du temps. Le thuya est une espèce qui n’aime pas les feux de forêt. Ainsi, vivre sur des îles a certainement permis à ces thuyas d’échapper aux incendies qui ont sévi aux alentours. Mais malgré cela, comment se fait-il que ces arbres si rabougris réussissent à survivre aussi longtemps?

 

LA LONGÉVITÉ DES CÈDRES BLANCS

 

La longévité des arbres est une caractéristique qui attire l’attention des chercheurs en écologie, car les arbres n’ont pas de mort programmée. Leur mort est due à des facteurs externes (un climat moins favorable, des agents pathogènes, des feux de forêt, etc.) qui entraînent une cascade de processus plus ou moins rapides vers la mortalité. Bien que protégés des feux sur les îles du lac, ces thuyas doivent endurer des conditions de vie difficiles sur des sites très secs et exposés aux intempéries. Les conditions difficiles permettent souvent le développement de traits de résistances et ces thuyas semblent être des champions, que ce soit pour éviter une défaillance hydraulique lors d’une sécheresse intense ou lors d’une longue période climatique peu favorable. Leur système conducteur peut soutenir une faible disponibilité en eau et leur croissance par compartiments (modules) permet de maintenir en vie les meilleures portions de l’arbre en délaissant les autres, si les conditions deviennent moins favorables.

 

Quoi qu’il en soit, les thuyas vivent en équilibre très précaire dans leur environnement. Cet équilibre pourrait basculer avec les changements climatiques et les perturbations anthropiques des dernières décennies.

 

DE LA CONSERVATION À L’ÉCOTOURISME, IL N’Y A QU’UN PAS

 

Les réserves écologiques comme celle des Vieux-Arbres peuvent apporter beaucoup dans la réalisation des objectifs de conservations de la biodiversité et dans l’amélioration des connaissances sur les écosystèmes naturels qui nous entourent. Cependant, elles ne peuvent pas à elles seules résoudre les enjeux de conservation et de protection des milieux naturels face aux perturbations futures. Il est impossible d’envisager des mesures de protection strictes sur tout le territoire.

 

La mise en valeur durable du territoire répondrait à la demande grandissante de la population pour les attraits récréatifs et de plein air tout en gardant des mesures de protection pour nos joyaux naturels. Ainsi, une offre d’écotourisme concernant la diversité des îles du lac Duparquet pourrait permettre de faire rayonner une variété de microenvironnements remarquables à découvrir.

 

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